Il est rare qu’on se respecte assez soi-même. Quintilien
Pour gagner en confiance en soi ou littéralement “se faire confiance”, il faut pouvoir croire en soi. La confiance s'acquiert par la fiabilité, que ce soit envers les autres ou envers nous-mêmes. Ainsi, avoir conscience de son propre manque de fiabilité rend la confiance en soi plus difficile à atteindre, et ce, à juste titre.
La confiance, en soi ou en l'autre, se construit. Pour qu'on nous fasse confiance, il faut avoir montré qu'on est fiable, même dans des situations compliquées. C'est pareil pour la confiance en soi : elle repose sur les promesses qu'on s'est faites à soi-même, et sur notre capacité à les tenir.
Qu'est-ce que cela signifie en pratique ? Se fixer des objectifs et les tenir, bien sûr, mais surtout accorder une grande valeur à sa parole. Des objectifs trop faciles, qui ne demandent aucun effort réel, ne suffiront pas à construire de la confiance en soi.
Mais attention, il faut éviter les paroles en l'air ou les promesses lancées sur un coup de tête. Les objectifs difficiles doivent être réfléchis : si vous vous dites "Je vais faire ça", alors faites-le. Le plus grand destructeur de confiance en soi, c'est de se promettre une chose et de ne pas la réaliser, que ce soit par manque d'envie ou par difficulté.
Un objectif doit être compliqué, sans quoi il n'apporte que peu de confiance. Mais il doit surtout être en adéquation avec nous-mêmes : si je me promets quelque chose, je dois être conscient des sacrifices et des difficultés que cela implique, et être certain que c'est un objectif que je souhaite vraiment, sur le long terme.
Pour se faire confiance, pas besoin de collectionner les défis compliqués. Peu suffisent : l'essentiel est de tenir ses engagements.
Même si la promesse est réfléchie, il arrive que notre vision change et que l'objectif ne nous intéresse plus. Il vaut mieux éviter à tout prix de se retrouver dans cette situation. Mais si cela arrive, l'abandon de la promesse doit reposer sur un motif cohérent avec nos valeurs, et non sur la paresse. L'idéal reste de ne jamais trahir ses promesses, mais si on le fait, il faut être sûr que ce n'est pas par simple renoncement face à la difficulté.
Selon moi, pour construire la confiance à partir de rien, se lancer un défi sportif est l'une des méthodes les plus adaptées. Je prends le sport comme exemple, mais l'essentiel est de trouver un objectif où les facteurs extérieurs ont le minimum d'impact : lire tous les jours, apprendre une langue, méditer, être en meilleure santé. Une fois cette confiance acquise, on peut se tourner vers des objectifs plus soumis à la chance.
Valider un objectif fait gagner en confiance, en abandonner un en fait perdre. Le rapport n'est pas linéaire : un seul abandon peut parfois suffire à tout réduire à néant.
Les promesses de réussite sociale sont les plus délicates. Se promettre de devenir riche ou d'être connu est dangereux, car la chance y joue une part importante. La probabilité d'échec et de perte de confiance est grande, même en donnant le meilleur de soi-même. Échouer dans ce genre de promesse peut alors nourrir un sentiment d'échec, jusqu'à remettre en cause toute la confiance en soi.
Ces objectifs, plus délicats, peuvent devenir des promesses dès lors qu’on a construit une confiance suffisante en nos capacités. L'échec dû au destin peut alors être accueilli les bras ouverts, comme une leçon sur le fonctionnement réel du monde plutôt que comme une atteinte à la confiance en soi.
Seul se tient pour surmonté, qui sait l’avoir été ni par ruse ni de sort. Montaigne