J’aspire à être libre : maître de mon temps et de mes émotions.
Je refuse de dépendre des congés que l’État daigne m’accorder pour passer du temps auprès de ma compagne ou de mes enfants. Je veux décider du temps que je consacre à chaque aspect de ma vie, et en porter seul la responsabilité. Plutôt qu’une vie stable mais soumise, je préfère assumer le risque de manquer, mais en restant le seul maître de mes choix.
Il n’est plus question de prendre des “congés” : le travail, la famille, le sport, le repos forment un ensemble indivisible, des piliers à équilibrer selon mes envies, mes besoins et mes proches.
Je veux pouvoir décider, si l’envie ou le besoin s’en fait sentir, de passer ma journée auprès de mes proches, sans qu’une entreprise ou un État ne vienne m’imposer des contraintes.
C’est quand le travail arrache un père à son enfant, une mère à son nourrisson, ou un mari à sa compagne que la violence du salariat se dévoile. En théorie, la famille passe avant tout. En pratique, l’emploi dicte nos priorités.
Pour le salarié moyen, la famille ne devient une priorité qu’au moment où on craint de la perdre. Le reste du temps, l’entreprise passe en premier. On se persuade que nos liens affectifs sont plus forts que les contraintes sociales et contractuelles de l’emploi, mais c’est rarement le cas : la peur nous enchaîne, on craint de se faire virer, de manquer d’argent, voire même la violence de l’État. Sans drame familial, l’employé sera au bureau, ponctuel, chaque matin, même si cela implique de délaisser les siens.
Devenir un homme libre n’est pas qu’un rêve : c’est le socle sur lequel je veux construire ma vie de père et d’époux. Tant que je ne serai pas affranchi de ces chaînes, je ne me sentirai pas à la hauteur, ni pour fonder une famille, ni pour élever un enfant, et surtout pas pour lui transmettre des valeurs que je ne vis pas encore.
Cette liberté, je la veux d’abord pour mes proches. Je ne sais pas quel temps je devrai consacrer à mon enfant, ni ce qui sera idéal pour lui, mais je sais une chose : j’aurai la liberté de lui offrir ce dont il aura besoin, quand il en aura besoin.
Je refuse qu’un État détermine, par des critères économiques ou bureaucratiques, le temps que je peux accorder à ma famille. Ce temps-là, c’est ma famille qui en déterminera la mesure, pas une administration.
Mais la liberté ne se limite pas à disposer de mon temps : je dois aussi apprendre à m’en servir. Écouter, comprendre ma compagne, tout faire pour son bonheur, et me mettre à sa place, surtout, car cette qualité est, à mes yeux, essentielle et fait cruellement défaut dans trop de relations.
C’est en analysant mes erreurs passées que je pourrai bâtir une relation solide, une relation où je serai enfin l’homme qu’elle mérite.
Alors, qu’est-ce qui avait cloché ?
D’abord, un silence assourdissant : pas une seule déclaration d’amour, pas un seul "je t’aime" en des années. Aujourd’hui encore, j’ai du mal à réaliser à quel point c’était absurde.
Ensuite, un manque criant d’attention. On aurait pu croire que je m’en fichais, alors qu’en réalité, cette relation comptait plus que tout pour moi. La douleur de la perdre me l’a prouvé de la manière la plus brutale qui soit.
Enfin, un manque de discussion sur ce qui comptait vraiment : les sentiments, le désir, ces sujets qu’on a toujours évités, comme s’ils étaient tabous. Il a fallu que tout s’effondre pour que je découvre enfin ce qu’elle ressentait. Pourtant, aujourd’hui, je suis convaincu que comprendre les émotions de l’autre est le fondement même d’une relation saine et épanouissante.
Cette seconde chance, je ne veux pas la laisser passer, c’est l’occasion de faire mieux, pour elle et pour moi.
Une autre question se pose : comment gérer la distance ?
Créer des rituels qui maintiennent la complicité, même à distance. Des rendez-vous galants virtuels : un moment rien qu’à nous pour cultiver notre relation romantique.
Se fixer quelques règles et s’y tenir : échanger tous les jours, s’appeler toutes les semaines pour se raconter nos vies comme on le ferait en rentrant le soir, se projeter dans nos retrouvailles prochaines.
Lui montrer que je pense à elle très souvent : lui envoyer des photos de choses qui m’ont fait penser à elle, lui raconter tout ce que j’ai sur le cœur, ne rien lui cacher.
La distance est un défi, mais elle a ce pouvoir : elle rend nos retrouvailles plus précieuses et plus intenses.
Le fait de se voir constamment ne peut procurer le plaisir que l’on éprouve à se quitter et se retrouver par intervalles. Montaigne
Alors je me prépare à les rendre inoubliables, parce que ces moments, je les imagine déjà, je les désire, et je veux qu’ils soient à la hauteur de l’amour que j’éprouve pour elle.
Et finalement, quel homme serais-je dans la relation, si un jour nous vivions ensemble ?
Je cultiverai le romantisme au quotidien, en lui offrant des cadeaux, ou en l’invitant à des rendez-vous galants. Ces moments permettent de s’offrir mutuellement une attention exclusive, ce qui ne peut être permanent. Les provoquer plutôt que de les attendre, c’est s’assurer qu’ils existeront.
Je serai à l’écoute, même des demandes ou des plaintes les plus subtiles, je cuisinerai pour elle, je lui préparerai des petits déjeuners avec des croissants tout frais et je multiplierai ces gestes simples mais chargés d’amour. Car, pour moi, ce sont ces attentions du quotidien et l’écoute des besoins de l’autre, bien plus que les grands gestes occasionnels, qui prouvent un attachement véritable.
Je communiquerai mes émotions sans réserve, sans rien cacher, pour bâtir une confiance mutuelle. On a souvent du mal à se comprendre soi-même, alors comment comprendre l’autre s’il n’ose pas s’ouvrir à nous ?
C’est ainsi que naît l’alchimie : avoir à mes côtés quelqu’un en qui j’ai une confiance absolue, quelqu’un avec qui je peux être moi-même, sans masque ni mensonge. Une personne qui, par sa bienveillance, m’aide à remettre en question certaines de mes idées ou de mes comportements, non pour me juger, mais pour me faire grandir. Bien sûr, cela n’arrive pas du jour au lendemain et se construit sur la durée, petit à petit.
C’est en effet véritablement aimer quelqu’un que de prendre le risque de le blesser et de l’affecter pour son bien. Montaigne
Je suis prêt à sacrifier beaucoup pour elle. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qu’elle m’apporte. Un sacrifice n’en est plus un lorsque ce qu’on y gagne dépasse de loin ce qu’on y perd.
Ces sacrifices, je les ferai sans hésiter. Car ils ne seront que le prix de ce qui n’a pas de prix.